[Focus] La distraction c’est ce que l’on attend de vous.

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Vous vous réveillez un matin avec une seule idée en tête: vous ne voulez plus vivre dans cet âge de la distraction. Pouvez-vous vraiment décrocher si facilement?
Bien sûr vous pouvez, mais vous allez vous heurter de façon frontal à tout un environnement qui n’attend qu’une chose: que vous participiez corps et âmes.

Prenons un simple exemple: j’ai récemment annoncé que j’abandonnais définitivement l’email (nous verrons ce cas de figure un peu plus tard) de façon à ne pas passer tout mon temps à répondre aux innombrables solicititations et me consacrer beaucoup plus à ce que j’aime: créer. Cela m’a paru, de mon point de vue, une décision relativement simple et aisée, pourtant les réactions ont été très fortes: certains m’ont ensensés pour avoir eut un tel courage – indiquant ainsi que j’aurais réalisé une action d’une grande ampleur et d’une grande bravoure, qui rompt une norme sociétale majeure. D’autres personnes se sont indignés, voir même se sont sentis insultés dans le sens où mon choix était un mépris de leur façon de faire, et que je me prenais ainsi pour une diva qui se rend innaccessible aux sollicitations par voie électronique

Intéressant: le simple acte d’abandonner l’email était devenu, soit un acte d’un extrème courage, soit un acte d’une arrogance insensée, tout simplement parce qu’il n’est pas aligné avec l’attente de la société à ce que je sois joignable par email et que je réponde.
Intéressant surtout car à peine dix ans plus tôt, la plupart des gens n’utilisaient pas l’email et tout le monde s’en contrefichait.

L’email est juste une façette de ce que les gens attendent de vous. Jusqu’où s’élèvent ses attentes? Cela dépend de beaucoup de choses: votre travail, où vous travaillez, et les normes du groupe dans lequel vous vivez et de celui au sein duquel vous travaillez.
On attend de certaines personnes qu’ils soient disponibles en permanence, qu’ils se promènent avec leur Blackberry (ou un produit similaire) à longueur de journée – dans le cas contraire, ils seraient considérés comme injoignable ou pire, comme peu professionnels. On attend d’autres personnes qu’ils soient disponibles pour de la messageries instantanée ou sur Skype, ou d’être prêt à répondre aux nouveaux messages laissés sur un forum internet ou sur des réseaux sociaux comme facebook ou twitter. On attend d’autres personnes qu’ils suivent les nouveautés de leur industrie avec attention, et soient à l’affut de la moindre mise à jour du site internet  de la société concurrente.
Etre connecté en permanence, faire partie même de ce flux permanent de distraction, voici ce que la société, voici ce que votre entourage attend de vous. Aller à l’encontre de ces attentes est immensément difficile pour beaucoup de gens. Il faut beaucoup de bravoure et de courage pour devenir ce genre d’arrogante “Diva”, vraiment beaucoup…

Comment cela est-il arrivé? Où, quand et comment avons nous signé pour ça? Il n’y a jamais eut un moment on l’on s’est dit: “Je suis ok pour ça!”, pourtant on s’est trouvé à notre insue englué dans ces sables mouvants durant la dernière décennie et c’est maintenant difficile de s’en extraire.

Je n’ai pas dit qu’il y avait une obligation à s’en extraire, je suis juste en train de dire que nous devons repenser ses choses, et changer les attentes du système afin qu’elles correspondent à nos propres attentes, pas à autre chose.

Adapté de Focus, de Léo Babauta.

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[Focus] La distraction comme style de vie.

Distractions
Suite de notre Traduction de Focus. La distraction est une drogue. C’est même un mode de vie.

Être connecté en permanence, recevoir des informations en continu, être sous le coup de distraction constantes… tout cela est devenu notre quotidien. L’ordinateur, il y a quelques années, avait une place négligeable dans nos vies – nous l’utilisions au travail, mais jamais en voiture ou dans le train. Et lorsque nous l’utilisions à la maison, lorsque nous faisions autre chose, notre premier geste était de l’éteindre. De plus, au travail, l’ordinateur avait des capacités bien limités: nous ne pouvions réaliser que certaines activités avec les applications disponibles. Il ne nous prenaient pas ainsi toute notre vie. Cela n’est plus vrai aujourd’hui. Les ordinateurs prennent le pas sur nos vies. Et pourtant, je suis un pro-technologie, un vrai. Mais je pense que nous devons prendre en considération les conséquences de notre nouveau style de vie. Nous avons créé celui-ci si rapidement, à un tel point que je pense que nous n’étions pas encore prêt. Nous n’avons pas eut le temps d’apprendre l’ensemble des stratégies pour appréhender le fait d’être connecté en permanence, nous n’avons pas de nouvelles normes culturelles pour ce monde connecté et nous n’avons aucune idée de la bonne manière de le vivre: il n’y a pas d’Internet Way of Life. Nous avons été plongé dans ce monde sans avoir eut le temps de créer le système pour l’appréhender, comme si nous faisons un plongeons dans le grand bassin sans avoir appris à nager.

Adapté de Focus, de Léo Babauta.