The First 20 Hours – Partie 1

Second livre de Josh Kaufman, après l’extraordinaire Personal MBA, the first 20 hours s’intéresse aux premières étapes de l’acquisition de nouvelles compétences. S’il faut, selon Gladwell, 10 000 heures pour devenir un maître dans une discipline.

Mais c’est pour devenir un maître de la discipline. Pour acquérir un niveau satisfaisant, pour devenir assez bon par rapport à nos propres exigences, l’investissement est beaucoup plus faible.

La règle des 10 000 heures revisitée

Il faut, selon Kaufman, seulement 20 heures en moyenne de pratique volontaire pour passer de novice complet dans une discipline au stade où l’on a passé la barrière de frustration. 20 heures seulement pour passer d’un stade de nullité absolu a un stade où l’on s’en tire pas si mal. 20 heures, cela représente moins d’une heure par jour pendant un mois, une demi-heure par jour exactement durant un mois et demi.

Nous avons tous dans un coin de notre tête l’envie apprendre une langue, écrire un roman, peindre un portrait, conduire un avion.  Si nous investissions seulement 20 heures à essayer d’apprendre cette compétence, nous serions les premiers surpris à quel point nous serions devenu bon en si peu de temps.

Acquérir une compétence demande impérativement une chose: cela demande de la pratique. Malgré les efforts et la pensée du monde de l’enseignement, ce que l’on apprend souvent à l’école n’a pas grand chose à voir avec l’acquisition de nouvelles compétences. Acquérir une compétence demande une période non négligeable de concentration soutenue, acquérir une compétence demande de la créativité, et la liberté de fixer son propre niveau de succès. L’éducation, telle que nous la connaissons, requière non pas l’acquisition de compétence mais la conformité à un standard. Son but, non avoué, n’est pas d’acquérir de nouvelles compétences, c’est de certifié la conformité à un nombre arbitraire de critères, établis par des comités de standardisation (ceux qui créent les programmes), afin de valider des qualités reconnues par des tiers.

La créativité, la flexibilité et la liberté d’expérimenter, les éléments essentiels pour acquérir rapidement une nouvelle capacité, sont l’antithèse même du système éducatif.Le système éducatif nous apporte des connaissances, ce qui est louable, mais ne cherche pas à développer nos nouvelles compétences. Si l’on veut devenir bon à quelque chose étudier et acquérir des connaissances n’est pas suffisant, il est nécessaire de pratiquer cette compétence dans son contexte. Etudier, en soi, n’est jamais suffisant.

Apprendre est un état d’esprit

Apprendre de nouvelles compétences est aussi un état d’esprit. Il y a deux façon de voir les choses, l’une basée sur l’inné. On considère que si l’on est mauvais en math, on restera, quoiqu’il arrive, mauvais quel que soit les efforts consentis. Progresser dans ces faiblesses est une perte de temps.

L’autre état d’esprit est basé sur l’acquis, on peut toujours progresser, à force de pratique et d’abnégation. Si l’on est mauvais en math, c’est que l’on a pas assez pratiqué les maths. Si l’on pratique la matière et que l’on est persévérant, alors ce n’est plus qu’une question de temps pour acquérir cette capacité.

Il est clair que même avec de mauvaise pré-dispositions sur le plan physique (embonpoint, souffle au coeur, pied plat), j’ai réalisé en quelques années un certain nombre d’accomplissement  bien au delà du français moyen. Ceinture noir de Judo, 4 marathons à mon actif. L’hiver dernier, j’ai  soulevé deux fois mon poids au deadlift. Ce qui est intéressant sur le deadlift:

  • C’est une performance que j’ai réalisé assez rapidement (je suis passé avec peu d’entraînement de une fois mon poids de corps à deux fois mon poids de corps).
  • C’est une performance qui est ridicule, par rapport à ce que font les champions de la discipline et/ou une personne bien entraînée, mais qui paraît extraordinaire pour le commun des mortels (quoi, ce gringalet arrive à soulever plus d’un cent kilos?)

Il est clair qu’à force de travail, on peut obtenir de meilleur résultat que quelqu’un avec des prédispositions qui ne travaille pas. Attention cependant, rappelez vous Strenghfinder. Il vaut mieux investir son temps sur ces points fort que chercher à compenser ses points faibles.

A force de pratique, on est capable d’améliorer n’importe quelle capacité. C’est la capacité de notre cerveau de s’adapter à notre environnement qui permet cela. A force de pratique, de nouvelles connections se créent dans notre cerveau, permettant une meilleure coordination de nos muscles, une meilleure perception de l’environnement, de nouvelles capacité mentales…

Du conscient à l’inconscient

A force de pratique, les comportement appris deviennent inconscient et plus efficace, on parle de modèle en 3 phases:

  1. La phase cognitive où l’on doit comprendre ce que l’on doit faire, faire des recherches, décomposer les mouvements et réfléchir à partir de ce processus.
  2. La phase associative, où l’on pratique la tâche, on obtient des retours de notre environnement et l’on corrige
  3. La phase d’autonomie, où l’on réalise la tâche sans même y réfléchir de façon efficace.

Dans ma troupe du Rocky Horror Picture Show, le spectacle est basé sur un principe scénique appelé le shadowcasting. L’animateur répète dans la salle les mouvements du personnage à l’écran de façon synchronisé. Ce mime est rendu compliqué dans les scènes où l’animateur est dos à l’écran et doit réaliser, de façon très rapide les même mouvements que le personnage à l’écran sans même regardé celui-ci. Durant plusieurs années, j’ai formé des dizaines d’animateurs à reproduire les mouvements de Brad, Janet, Riff Raff et Frank, et j’ai perfectionné l’approche au fur et à mesure des année. Là où, les premières séances étaient laborieuses, et prenaient plusieurs heures à apprendre une simple scène de 15 secondes, il s’est avéré que l’approche, empiriquement, que j’ai trouvé la plus efficace correspond exactement à ce principe:

  1. L’animateur décompose la séance de mouvement en sous ensemble facile à apprendre, sans s’occuper d’être synchronisé ou non avec l’image. Le but est d’apprendre à réaliser cette suite simple de mouvement, même très lentement jusqu’à ce quelle arrive à la phase d’autonomie.
  2. Une fois le séquencement réalisé et là seulement, on s’attache à le synchroniser avec les mouvements à l’écran en ancrant chacun des mouvements à un son, une parole.
  3. Le mouvement est ensuite répété jusqu’à être complètement intériorisé.

Devenir bon à un capacité revient à le pratiquer un nombre important de fois jusqu’à ce qu’il devienne automatique. C’est ce que l’on retrouve dans les arts martiaux, comme le judo, avec les uchi-komi. On répète, sur un partenaire consentant, les mêmes séries de mouvements des centaines, voir des milliers de fois, jusqu’à ce que le mouvement devienne inconscient et puis être déclenché « automatiquement » durant un combat, comme un réflexe. Si le mouvement n’est pas un automatisme sur un partenaire se laissant faire, comment pourrait il efficace contre un adversaire faisant tout pour l’éviter. L’uchi-komi est le seul moyen d’aquérir un mouvement, de le pratiquer assez, pour qu’il puisse devenir efficace.

S’il ne fallait retenir une chose de cette première partie: de la pratique; de la pratique, de la pratique et on obtient rapidement les premiers résultats.

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Une réflexion sur “The First 20 Hours – Partie 1

  1. Pingback: 10 conseils pour acquérir rapidement de nouvelles compétences (The first 20 hours – Partie 2) | PerForMens

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