[FOCUS] Vous êtes accro à la distraction

1/365 Give In to Me - Addicted

Suite de notre voyage dans le monde de Focus de Léo Babauta. Nous vivons dans un monde de distraction. Pire, nous y sommes accro.

Vous êtes accro, c’est tout…

Des activités telles que vérifier vos emails, surfer sur internet, parcourir le profil de vos amis sur les réseaux sociaux, lire des blogs ou des messages laissés sur les forums vous apportent une
sensation de satisfaction immédiate. C’est pour cela qu’il est si facile de devenir accro à ces sources de distraction.

Toutes les addictions, allant l’usage de stupéfiant ou à la consommation irréfreinée de junk food ont un dénominatif commun: elles offrent la même sensation de satisfaction immédiate. Vous le faîtes et immédiatement, vous êtes récompensé par une sensation positive et immédiate. Les effets négatifs ne seront que pour plus tard, bien plus tard. Vérifier ses emails, ou toute autre activité en ligne similaire, a ce même type de sensation de satisfaction instantané et d’effet négatif retardé.
Vous vous rendez sur votre boite mail et voilà! Un nouvel email d’un ami! Vous vous sentez alors satisfait, une sensation positive. Peut-être que ça valide votre estime, ou ça vous fait simplement plaisir que l’on pense à vous, c’est tout naturel. Sauf qu’à force, vous attachez ce sentiment positif, non pas au fait qu’un ami pense à vous, mais au fait d’aller sur votre boite email. Peu à peu, vous ressentez une satisfaction d’aller sur votre boite email, et vous le faîtes de plus en plus fréquement, jusqu’à ce que votre addiction soit solidement forgée.
Un peu plus tard, cependant, vous vous sentirez lassez de répondre à tous ces emails qui s’entassent dans votre boite de réception: vous n’arrivez plus à suivre et vous vous sentez débordé. Mais hélas, à ce moment là, vous êtes déjà accro et vous ne pouvez pas arrêtez cette manie d’aller vérifier votre boite de réception une dizaine de fois par jour: souvent, aller vérifier ses emails vous apporte du plaisir et de la satisfaction, mais l’activité qui lui est associée, répondre aux messages, l’est beaucoup moins.

 

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[Focus] L’Âge de la Distraction

Zen......
Voici un premier extrait de Focus, le second livre de Léo Babauta dont j’ai entrepris la traduction. Bonne lecture.

 

“Nous gaspillons notre vie sur des détails…

simplifier, simplifier.”

– Henry David Thoreau

Nous vivons une époque curieuse. Nous l’appelons courament l’âge de l’information. Cependant, quand on y pense, on pourrait également l’Âge de la Distraction.

Bien que l’humanité ait toujours connu la distraction – depuis la nuit des temps où les hommes chassaient les moucherons autour du feu de camps jusqu’à notre XXeme siècle, ses piles de courriers et ses téléphones qui sonnent sans cesse – les distractions n’ont aujourd’hui jamais été si nombreuses, si intenses, si omniprésentes, si persistantes qu’aujourd’hui. Le téléphone sonne toujours, le courrier aussi bien sûr (sans compter les moustiques), mais à cela s’est ajouté les emails, sans compter Twitter et Facebook. Les fenêtres de navigateur internet ouverte s’empilent sur votre bureau virtuel. Et puis, il y a également votre téléphone mobile, jamais éteint, qui lui aussi ne cesse de sonner. De plus en plus, nous sommes connectés, pris au milieu d’un flus d’information, au coeur d’une passe d’arme où notre attention ne sait choisir son camp et nous sommes engagés dans une sombre nébuleuse d’activités multi-tâches.
Alors même que nous travaillons, nous sommes assaillis de distractions de toutes parts. Face à l’écran de notre ordinateur, avec ces notifications d’email et autres pop-up qui surgissent à tout instant. Il faut aussi compter avec l’addiction à la navigation internet, qui fournit non seulement une liste sans fin de site à explorer, un véritable trou noir virtuel qui capte toute votre attention de page en page et de lien en lien; mais qui fournit également une infinité d’opportunité pour les achats en ligne, pour chatter avec des gens à l’autre bout du monde ou du couloir, pour trouver les derniers ragots et dernières dépèches, pour se délecter du poids des mots et du choc des photos, et des opportunités pour tant de choses encore.
Et pendant le temps que vous vous balladiez sur le net, de nouveaux emails sont arrivés, qui attendent eux aussi une réponse rapide. Vous avez plusieurs programmes d’ouverts, chacun d’eux avec ses tâches à terminer. Plusieurs personnes veulent chatter avec vous, divisant encore votre attention un peu plus.

Et cela se passe là, maintenant, juste en face de vous. Votre téléphone qui sonne d’un côté, votre mobile de l’autre, vous entendez la musique sortir des écouteurs de vos deux collègues de bureau, cet autre collègue qui débarque sans prendre garde dans votre bureau pour vous poser une question, la pile de courrier entrant qui s’empile dans la corbeille et qui demande également votre attention, sans parler de tous ces autres papiers qui jonchent votre bureau , quelqu’un vous demande pour un meeting, un autre fait la distribution de bonbon pour je ne sais quelle raison. La distraction est partout, omniprésente.

Avec autant d’événement qui sont en compétition pour avoir votre attention, votre ressource la plus rare, et si peu de temps pour ce consacrer sur vos tâches réelles, il n’est plus vraiment étonnant que rien ne soit jamais terminé à temps.

Alors votre journée de travail prend fin, les attaques pour détourner votre attention continue, elles. On prend avec soit en permanence son téléphone mobile, avec son flot de sms et d’email, auquel il est urgent de répondre, et d’appels entrant que l’on ne peut ignorer. Quand ce n’est pas le téléphone, nous avons toujours quelque chose à lire, que ce soit sous forme papier (ces journeaux gratuits que l’on distribue à l’entrée du métro) ou ses pages web que l’on continue de consulter sur sa tablette ou son mobile. Sans parler, tout au long du trajet, des publicités omniprésentes, qui s’empare de notre attention mais aussi de nos désirs.
Une fois à la maison, il y a cette fois la télévision, elle aussi avec ses dizaines de chaînes qui cherchent toutes à capter votre attention, votre audience, votre temps de cerveau disponible pour le vendre aux annonceuirs et leurs 500.000 clips publicitaires, prêt à éveillé en vous de nouveaux désirs. Il y a votre ordinateur personnel, qui trône au milieu de votre salon, et qui attend que vous vous replongiez dans votre travail, que vous envoyez de nouveaux messages à vos collègues, ou encore de nouvelles distractions, de nouvelles heures de shopping ou de lectures de pages web. Et il y a aussi vos enfants et votre épouses qui demandent votre attention, vos amis, vos colocataires, le téléphone qui sonne, et votre mobile que vous n’avez toujours pas éteint.
Cet état de fait est sans précédent. Il est même alarmant.

Nous sommes entrés dans cette ère de la distraction insidieusement, sans même se rendre compte de ce qui est arrivé et sans que nous ayons pris conscience de ces conséquences. Nous avons été témoins de l’expansion d’Internet et de l’enthousiasme qui l’a accompagné. Nous savions que les mobiles seraient de plus en plus sophistiqués et qu’ils nous apporteraient chaque jour de nouveaux services. Nous savions que certains s’offusqueraient de cette connectivité permanente et d’autres s’en feraient les apôtres.

Ce que nous ne savions pas, c’est que, bien que les opportunités offertes par le monde online ne soient pas une mauvaise chose en soi, les distractions constantes que ce monde apporte, ces demandes d’attention toujours plus urgentes qu’il nous impose, le stress induit par le passage incessant d’une tâche à l’autre, l’érosion de notre temps libre et de notre capacité à vivre dans un environnement appaisé… Peut-être n’avons nous pas vraiment réalisé à quel point ce monde numérique changerait nos vies.

Peut-être certains ne s’en sont pas encore rendu compte.

Si tellement de phénomènes ne cessent de demander notre attention, peut-être devrions nous prendre un instant pour porter notre attention sur ce phénomène.

 

Adapté de Focus de Leo Babauta.

Work in Progress, Traduction de Focus, de Leo Babauta.

Léo Babauta, l’auteur de Focus

Léo Babauta est l’auteur du Best-Seller sur la productivité, The Power of Less, que j’avais chroniqué il y a quelques mois. Léo Babauta a écrit d’autres livre, dont Focus, qu’il a créé de façon tout à fait original: le livre a été écrit de façon « ouverte », sous Google Docs, où les lecteurs pouvaient voir l’avancée du travail d’écriture au fur et à mesure.

Autre originalité du livre, Léo Babauta a renoncer à ses droits sur le livre! Il fait partie du domaine public. Une étape qui va encore plus loin que le Creative Common, chacun a le droit d’adapter, de publier, de modifier le livre et même d’en faire un usage commercial sans même en citer l’auteur ou le rétribuer.

J’ai décidé de traduire focus en Français  en suivant la même démarche que son auteur: pas de droit d’auteur sur mon travail de traduction et un work in progress accessible publiquement. Que va donner cette démarche originale, je n’en ai aucune idée, mais je suis curieux de voir. Wait and see.